Le déluge

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Avoir pied

sur tout ce que nous avons perdu, avoir pied:

l’espoir à la crinière souple,

l’insouciance pommettes saillantes,

nos jours rouges,

l’amour aux boucles rousses, sa source furieuse.

Sur tout ce que nous avons perdu, avoir pied

et regagner la terre ferme la terre offerte,

le rythme frénétique du vivre, l’urgence de la nuit

et au milieu de tout ce que nous avons piétiné, exulter

 

 

 

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Conte obscur

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Mes vies d’hiver

dans des housses patientes

repassées par l’attente

Le cœur en naphtaline.

A l’avenir les bourrasques à fenêtre

me guettent

L’horizon est un faux pli, je repasserai demain.

****

ô ma reine reine

morte parmi les mortes

je n’entends plus jaser l’été

Effondrement des colonies

haute haute haute mortalité*

****

Je regarde au-dehors et fixe toute

l’obscurité intérieure

Nuit, tu es nuit à nouveau

lune vieille de ma veille,

nuit à nouveau

laisse ta suie sur ma peau,

l’empreinte de ton soir

comme un pas aux paupières multiples,

grand oeil clignant d’extase

 

*et moi les bras ballants, les ailes lasses

 

 

 

 

 

Il y a un jour

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Nuit suivante, sois patiente*

je désire te dormir si profondément,

la joue posée sur demain

je rêve de nos noces, du riz entre les cils.

Ce soir, attendons tous les autres soirs et ensemble

procédons à la corruption de nos corps

Assouplis mon âme assoupie

Céleste ô Céleste, de tous les mots à venir je te caresse

espoir d’un somme qui serait la somme et toi, ma suivante sombre, mon ombre, l’acmé du monde, hennissante frémissante

 

* – ô l’empreinte de tes sabots à la porte de la chambre –